Circulaire n° 2124 du 24 octobre 2006 relative à
l'application du décret n° 2006-778 du 30 juin 2006 portant
attribution d'une bonification indemnitaire à certains fonctionnaires et
militaires.
-
MINISTÈRE DE LA FONCTION PUBLIQUE
Direction générale de l'administration
et de la fonction publique
FP/7 n° 2124
MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE, DES FINANCES
ET DE L'INDUSTRIE
Direction du budget
2 BPSS n°06-3776
Direction Générale de la Comptabilité Publique
7 C n°3189
Le
ministre de l'économie, des finances
et de l'industrie
et
Le ministre de la fonction publique
à
Mesdames et Messieurs les ministres
et secrétaires d'Etat
Objet
: Application du décret n° 2006-778 du
30 juin 2006 portant attribution d'une bonification indemnitaire à
certains fonctionnaires et militaires.
Pièce jointe : 1
Le décret cité en objet (pièce jointe) institue une
bonification indemnitaire au bénéfice d'agents stationnant depuis
plusieurs années au sommet de leur corps ou cadre d'emploi. C'est une
des mesures prévues dans le volet statutaire du protocole d'accord
signé le 25 janvier 2006 entre le Gouvernement et trois organisations
syndicales pour une durée de trois ans (2006-2008)
La bonification indemnitaire présente un caractère obligatoire et
doit être versée à l'ensemble des agents remplissant les
conditions de perception.
La détermination des agents qui y sont éligibles relève de
la compétence des services gestionnaires des administrations,
collectivités territoriales et établissements publics
concernés.
Cette mesure est applicable la durée d'application du protocole,
à savoir les années 2006, 2007 et 2008.
1- CHAMP D'APPLICATION
1.1. Personnel concerné
Entrent dans le champ d'application de la bonification indemnitaire,
Les fonctionnaires de catégorie A et B des 3 fonctions publiques
(fonction publique d'Etat, territoriale et hospitalière) ainsi que ceux
appartenant à des corps ou cadres d'emploi de même niveau, en
poste en métropole, dans les départements et territoires
d'outre-mer ainsi que dans les collectivités territoriales à
statut spécial.
Cette dernière dénomination recouvre les corps à statuts
spéciaux qui ne sont pas classés dans une catégorie mais
sont assimilés de par leur niveau de recrutement aux corps de
catégorie A et B.
Les officiers et sous officiers à solde mensuelle.
En revanche, sont exclus du champ d'application de la bonification indemnitaire
les fonctionnaires en poste à l'étranger qui perçoivent
l'indemnité de résidence à l'étranger, exclusive de
toutes primes.
1.2. Conditions relatives au classement et à la situation
indiciaire
Pour bénéficier de la bonification indemnitaire, les agents
doivent remplir les conditions cumulatives suivantes :
Justifier d'une ancienneté au dernier échelon du grade
terminal d'un corps ou d'un cadre d'emploi, au moins égale à 5
ans.
Lorsque le corps ou le cadre d'emploi comporte plusieurs grades, il convient de
prendre en compte le dernier échelon du grade terminal, même si
celui-ci est contingenté.
Par exemple, concernant le corps de catégorie B des secrétaires
administratifs, la bonification indemnitaire sera applicable aux agents ayant
atteint le 7ème échelon du grade de secrétaire
administratif de classe exceptionnelle.
Dans le cas particulier des agents ayant bénéficié d'un
changement de corps, et dans l'hypothèse où ce changement de
corps ne s'est pas accompagné d'un gain indiciaire, la condition de
plafonnement pendant 5 ans au sommet des corps ou des cadres d'emploi est
appréciée en faisant masse du temps passé au dernier
échelon du grade terminal des différents corps de même
niveau.
Les 5 années d'ancienneté dans le dernier échelon du
dernier grade sont appréciées au regard des règles
habituelles de classement et peuvent avoir été acquises de
façon discontinue en cas de période interruptive
d'activité.
Pour les agents de catégorie A, appartenir à un corps dont
l'indice brut afférent au dernier échelon du grade terminal est
inférieur ou égal à 985
Les corps, cadres d'emploi ou emplois dont l'échelon maximum
excède l'indice brut 985, sont exclus du dispositif (administrateurs
civils, magistrats, ingénieurs territoriaux, directeurs
d'établissement hospitaliers, fonctionnaires de catégorie A des
douanes ou des impôts etc....)
1.3.Cas particulier des détachés
En cas de détachement dans un corps ou cadre d'emploi donnant droit
à pension du code des pensions civiles et militaires de l'Etat ou de la
CNRACL (voire du régime général, lorsque l'emploi de
fonctionnaire à temps non complet dans la fonction publique territoriale
ne permet pas l'affiliation à la CNRACL), la situation prise en compte
est celle afférente au grade ou à l'emploi de détachement.
Si le détachement à lieu dans un emploi n'ouvrant pas droit
à pension du code des pensions civiles et militaires de l'Etat ou de la
CNRACL, sauf dans le cas de fonctionnaire à temps non complet dont la
quotité de temps de travail ne permet pas l'affiliation à la
CNRACL, le fonctionnaire n'a pas droit à la bonification indemnitaire.
2 - MODALITES DE VERSEMENT DE LA BONIFICATION INDEMNITAIRE
2.1 Fait générateur.
La bonification indemnitaire est due à l'agent dès lors que
l'agent répond aux conditions fixées par le décret.
2.2.Montant alloué.
Le montant annuel de la bonification indemnitaire est fixé à :
400 € pour :
les fonctionnaires de catégorie B
Les militaires sous-officiers à solde mensuelle
700 € pour :
les fonctionnaires de catégorie A
Les militaires officiers à solde mensuelle
Ce montant est proratisé en fonction :
De la durée des services effectuée par le fonctionnaire au
cours de l'année d'attribution, alors qu'il remplit les conditions
d'octroi (Cf. tableau annexé).
Cette durée est décomptée en jours sur la base d'une
année comptant 360 jours et sur la base de mois comptant 30 jours.
Pour les fonctionnaires remplissant les conditions d'octroi au 1er janvier
2006, le décompte de la durée annuelle des services est
effectué à compter de cette date.
A titre d'exemple, un agent plafonne au dernier échelon du grade de
rédacteur territorial chef (catégorie B), depuis le 1er avril
2001. Il ne remplit donc les conditions d'attribution de la bonification
indemnitaire qu'à compter du 1er avril 2006. La première
année, son temps de services est donc décompté sur la
période allant du 1er avril au 31 décembre 2006, soit 270 jours
(9 mois).
Si le fonctionnaire est employé à temps plein, sa
collectivité lui versera au titre de l'année 2006, la
bonification indemnitaire amputée de 90/360èmes. Le montant
annuel qui lui sera attribué au titre de l'année 2006 sera donc
de 300 €. Par la suite, si au cours des années 2007 et 2008 sa
situation reste stable, le montant annuel qui lui sera attribué sera de
400€.
De même, un agent de catégorie B à temps plein qui
remplirait les conditions d'octroi au 1er janvier 2006 et partirait à la
retraite le 1er octobre 2006, ne percevrait que les 270/360èmes du
montant de la bonification indemnitaire, soit 300 €.
De même, un agent de catégorie B à temps plein qui
remplirait les conditions d'octroi au 1er janvier 2006 et serait en
congé formation jusqu'au 30 septembre 2006, ne percevra que les
90/360èmes du montant de la bonification indemnitaire, soit 100 €.
Les journées de service non fait pour cause de grève doivent
être déduites de la durée des services retenue pour le
calcul de la bonification indemnitaire.
Du taux de rémunération afférent à son taux
d'activité
A titre d'exemple, un fonctionnaire de catégorie A remplissant les
conditions d'attribution de la bonification indemnitaire sur une année
complète et travaillant à 80% (rémunéré 6
septièmes) se verra verser une bonification indemnitaire égale
à :
|
700 |
X |
6 |
= 600 € |
|
7 |
Si au
cours d'une année de référence, une modification du temps
de travail de l'agent est intervenue, le calcul de la bonification indemnitaire
prendra en compte l'évolution de sa situation.
Par exemple, pour un fonctionnaire de catégorie A plafonnant au sommet
de son corps depuis plus de 5 ans, qui a travaillé à temps
complet de janvier à mars 2006, puis a été placé en
cessation progressive d'activité (50% payés 60%) d'avril à
décembre, le calcul de la bonification indemnitaire se fera de la
manière suivante:
|
700 |
X |
90 |
X100% |
+ 270 jours |
X 60% |
= 490 € |
|
360 |
360 |
Cas
particuliers
La bonification indemnitaire suit le même sort que le traitement sauf si
un texte exclut expressément le maintien des primes ou en impose une
prise en compte particulière.
A titre d'exemple, les agents en congé maladie à demi traitement
(maladie ordinaire, grave maladie, longue maladie, longue durée)
bénéficient, pour cette période, d'une bonification
réduite de moitié.
La bonification indemnitaire suit également les majorations et
indexations applicables, le cas échéant aux indemnités
dans les départements et collectivités d'outre-mer ainsi qu'en
Nouvelle Calédonie.
2.3 Périodicité de paiement.
La bonification indemnitaire fait l'objet d'un versement annuel en fin
d'année à l'occasion de la rémunération du mois de
décembre.
Si au cours du mois de paiement de la bonification indemnitaire, un
élément justifiant une modification de son montant n'a pas pu
être pris en compte (congé maladie à demi traitement par
exemple) une régularisation interviendra le mois suivant.
Si l'agent a changé d'employeur ou de ministère au cours d'une
année de référence, la bonification indemnitaire sera
prise en charge par chaque employeur successif au prorata temporis de la
durée des services que l'agent a effectué auprès de chacun
des employeurs ou ministères.
Si l'agent ne remplit plus les conditions d'octroi au cours de l'année
(départ en disponibilité par exemple), le montant de la
bonification indemnitaire proratisée pourra lui être versée
avant le mois de décembre.
3 - REGIME FISCAL ET SOCIAL
La bonification indemnitaire est une indemnité soumise aux contributions
et aux cotisations sociales ainsi qu'à l'impôt sur le revenu.
Elle n'est pas soumise aux cotisations pour pensions civiles et militaires ou
de la CNRACL.
La bonification indemnitaire entre dans l'assiette de calcul de la cotisation
due au titre du régime public de retraite additionnel obligatoire de la
fonction publique.
4 - PIECES A REMETTRE EN JUSTIFICATION DU PAIEMENT AUX COMPTABLES
ASSIGNATAIRES DES COLLECTIVITES ET ETABLISSEMENTS PUBLICS LOCAUX.
4.1 Concernant la fonction publique d'Etat
Les ordonnateurs/gestionnaires de personnels devront produire un état
liquidatif faisant référence au décret n°2006-778 du
30 juin 2006, signé par le gestionnaire de paye et valant
décision d'attribution.
Cet état précisera :
- les noms, prénom, catégorie (A ou B) dont relève le
cadre d'emploi et indice brut afférent à l'échelon
détenu dans le grade de chaque bénéficiaire;
- la date à laquelle le bénéficiaire a atteint les 5
années d'ancienneté dans le dernier échelon du dernier
grade de son cadre d'emploi;
- le taux d'activité de l'agent pour l'exercice concerné par le
versement;
- la période de l'exercice concerné par le versement;
- le montant brut à payer après application des
éventuelles augmentations ou réductions du montant de base.
4.2 Concernant la fonction publique territoriale.
Dans le cas d'un fonctionnaire territorial ayant plusieurs employeurs, chacun
d'eux est tenu, pour sa part, de vérifier l'éligibilité de
l'agent à cette indemnité et de calculer son montant au prorata
du temps de travail effectué auprès de chaque employeur.
La bonification indemnitaire relevant de l'article 87 de la loi n° 84-53
du 26 janvier 1984, il n'y a pas lieu de prévoir une
délibération de l'Assemblée délibérante
fixant la nature, les conditions d'attribution et le taux des indemnités.
Seule doit être fournie, en justification du paiement de la bonification
indemnitaire, une décision de l'autorité investie du pouvoir de
nomination précisant :
- les nom, prénom, catégorie (A ou B) dont relève le cadre
d'emploi et indice brut afférent à l'échelon détenu
dans le grade de chaque agent;
- la date à laquelle l'agent a atteint les 5 années
d'ancienneté dans le dernier échelon du dernier grade de son
cadre d'emploi;
- le taux d'activité de l'agent pour l'exercice concerné par le
versement;
- le montant brut de la bonification indemnitaire à payer après
application des éventuelles augmentations ou réductions du
montant de base.
4.3 Concernant la fonction publique hospitalière.
Conformément à l'article 77 de la loi n° 86-33 du 9 janvier
1986, le mandat de paiement relatif à la bonification indemnitaire sera
justifié par la même nature de pièce.
Paris, le 24 octobre 2006.
Le
ministre de la fonction publique
CHRISTIAN JACOB
Le
ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie
THIERRY BRETON
ANNEXE
-
Comment lire le tableau :
les cases correspondent à des années pleines du 1er janvier au 31
décembre
Le chiffre dans la case correspond au nombre d'année de plafonnement au
31 décembre
Les cases grisées indiquent les années complètes où
l'activité est prise en compte pour la BI
Les cases blanches indiquent les années complètes où il y
a absence de prise en compte (disponibilité, congé parental,
détachement sur emploi sans pension...)
exemple : pour la situation a, on observe au 1er janvier
2006 : 5 années à décompter et une position 2006
permettant le versement de la BI
exemple : pour la situation b, on observe au 1er janvier
2006 : 5 années à décompter mais pas de position
permettant le versement de la BI
exemple : pour la situation d, on observe au 1er janvier
2006 : 4 années à décompter empêchant le versement
malgré l'existence d'une position 2006 permettant le versement de la BI
(nb elle le sera en 2007)
-
|
1999 |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
effet en 2006 |
2007 |
effet en 2007 : |
2008 |
effet en 2008 : |
|
|
situation h |
1 |
2 |
3 |
4 |
BI non versée |
5 |
BI non versée |
6 |
BI versée |
||||
|
situation i |
1 |
2 |
3 |
4 |
BI non versée |
5 |
BI non versée |
BI non versée |
|||||
|
situation j |
1 |
2 |
3 |
4 |
BI non versée |
BI non versée |
5 |
BI non versée |
|||||
|
situation k |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
BI versée |
7 |
BI versée |
8 |
BI versée |
||
|
situation l |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
BI non versée |
6 |
BI versée |
7 |
BI versée |
|||
|
situation m |
1 |
2 |
3 |
4 |
BI non versée |
5 |
BI non versée |
6 |
BI versée |